La traduction de Samber est décrite comme « fidèle et juste, amenant de façon attrayante la concision, l'entrain et le ton gentiment ironique de la prose de Perrault, qui imite l'approche directe de la narration orale dans une élégante simplicité[Note 5],[14] ». Les dialogues qui lui paraissent peu importants pour l'intrigue sont à la forme indirecte, par exemple quand le Chat botté s’entretient avec les gardes du roi pour pouvoir lui parler : « Tout glorieux de sa proye, il s'en alla chez le Roy & demanda à luy parler. Ses textes sont souvent remplis d’humour et racontent des histoires du quotidien de manière un peu loufoque. Le personnage du marquis de Carabas est également repris dans le roman fantastique Neverwhere de Neil Gaiman; il y est Noir, ambigu et manipulateur. Ce thème se retrouve dans quasiment tous les contes avec des animaux donateurs et jusque dans les autres contes mettant en scène un chat, le pauvre Pippo devenant Gagliuso et Constantin devenant « le fortuné »[67]. 1 mars 2017 - Découvrez le tableau "chat botte" de didoudes sur Pinterest. En 2009, La Véritable Histoire du chat botté est un film d'animation réalisé par Jérôme Deschamps, Pascal Hérold et Macha Makeïeff et adapté en bande-dessinée. Les attentes des jeunes enfants peuvent se montrer déçues. Pour le peuple, le roi se confondait parfois avec son animal gardien dans un rôle de bienfaiteur, et ce dernier était considéré comme le garant de la prospérité du pays, du peuple, voire du roi lui-même[61]. Les graveurs anglais ont même ajouté des griffes au Chat, ce qui accentue l'impression de menace[16]. Pour Bruno Bettelheim, le personnage du roi symbolise le bon père, celui qui donne pour héritage « de grands biens et une femme passive » et non pas un petit chat[51]. Des gravures et histoires mettant en scène l'ensemble des personnages des contes de Perrault mêlent le Chat botté avec le petit chaperon rouge ou l'Oiseau bleu[71],[Note 12]. Lorsqu'il atteint le château, l'ogre est déjà vaincu et le chat l'accueille dans « le château du marquis de Carabas ». Paroles de la chanson le Chat Botté par Thomas Fersen. En raison de l'existence de la dédicace signée « P. Darmancour », la paternité des Histoires ou contes du temps passé — et donc de Le Maistre Chat, ou le Chat Botté — est parfois attribuée à Pierre Darmancour, le fils de Charles Perrault[12]. », « L'Ogre le reçut aussi civilement que le peut un Ogre. Le Chat est vu comme un virtuose de la langue, une créature passée maître dans l'art de la persuasion et de la rhétorique pour obtenir le pouvoir et la fortune[35]. » Lorsque le chat arriva devant le Roi, il fit une révérence et dit : […], « date de l'époque où les bêtes parlaient », The Authentic Mother Goose: Fairy Tales and Nursery Rhymes, « le conte porte les mémoires ataviques de l'animal totem familial en tant que protecteur paternel de la tribu, qui se retrouvent en, « que le chat fut jadis considéré en Europe comme un animal gardien, ou tout au moins comme un être sacré », « on rit de le voir se changer en souris pour finalement être croqué par le chat, « reflet dégradé d'une antique mentalité transformée sous la plume de Perrault, « chausser le héros à la mesure de ses exploits », « à cause de ses bottes qui ne valent rien pour marcher sur les tuiles », « rassuré sur sa virilité et devient un Maître chat rephallisé », « ce personnage pauvre, humilié, qui croît en richesse et en puissance, c'est le soleil qui se lève dans la brume et brille par un midi pur », « l'un de ces esprits de la nature qu'il convient de dominer afin de prendre possession du sol, de le coloniser et d'y établir un habitat humain », « symbole de nature hostile et dévoreuse », « tout l'ensemble de ce conte nous montre l'instauration d'un roi symbolisée par la reconnaissance de sa souveraineté sur les terres, les bêtes, et les gens par la prise de possession du château royal », « se rattachait fort vraisemblablement au rituel d'instauration des anciens prêtres-rois des sociétés primitives et servait, sans doute, à rappeler au souverain l'importance des devoirs magico-religieux de sa charge », faithful and straightforward, conveying attractively the concision, liveliness and gently ironic tone of Perrault's prose, which itself emulated the direct approach of oral narrative in its elegant simplicity. Il n'hésite pas à mentir au roi, à manipuler l'ogre et à corrompre les paysans pour faciliter l'ascension sociale de son jeune maître, afin de pouvoir lui-même vivre oisivement par la suite. — « Es-tu fou, un chat chez le Roi ? Paroles de la chanson Le Chat Botté par Chantal Goya officiel. Tubingen: Narr Verlag, 2012. », « Le chat, qui eut soin de s'informer de qui était cet Ogre. Le Chat botté figurerait alors la rivalité de deux conteurs : le Chat menteur et le narrateur[53]. On trouve ce thème dès la mythologie grecque, avec les chaussures ailées d'Hermès ou encore les sandales de Persée. Où vas-tu » — « Chez le Roi, » répondit le chat sans détours. Le respect de l'œuvre originale est souvent très approximatif, le but étant surtout d'en faire un spectacle visuel[71]. Ils partagent probablement la même racine indo-européenne : oku, signifiant « rapide », d'où le rapport étroit entre l'ogre, les bottes, et la notion de rapidité[54]. L'ogre le reçoit aussi civilement qu'il le peut, et se transforme en lion pour prouver ses capacités, effrayant ainsi le Chat botté. Le garde s’écria : « Halte ! 4. Le site officiel des Auteurs et Compositeurs de Chansons. Dans le conte de Perrault, le héros supplante l'ogre « symbole de nature hostile et dévoreuse » par l'intermédiaire de son chat, ce qui lui permet de devenir souverain de ses terres[63]. Le livre rencontre immédiatement le succès[7]. Cette supposition s'appuie d'abord sur la simplicité des contes, ensuite sur le vocabulaire employé, qui, au temps de Perrault, était considéré comme « populaire » et « du bas peuple », et pour finir dans l'existence de passages vestigiaux (comme celui des bottes) qui n'améliorent pas le récit. Le Chat botté connaît une diffusion fulgurante et mondiale, au point d'inspirer des dessinateurs, compositeurs, chorégraphes, et de nombreux autres artistes. Elle doit l'attribution de son nom de scène à Jean-Jacques Debout qui trouvait qu'elle ressemblait au portrait d'un enfant peint par Francisco de Goya. Charles Perrault n'est pas l’inventeur de la figure du chat farceur et malicieux (appelé en anglais trickster[2]), puisque plusieurs siècles avant la publication des contes de Perrault, le brahmane cachemire Somadeva a collecté un vaste recueil de contes de fée indiens, le Kathâsaritsâgara (littéralement L'Océan des rivières des contes) qui contient de nombreux personnages et objets de contes de fée comme des épées invincibles, des navires qui régénèrent leur cargaison et des animaux serviables. En 2020, David Chauvel et Sylvain Guinebaud publient chez Delcourt, Robilar, bande-dessinée reprenant l'histoire du Chat botté. Il rapporte également que certains doctes ont vu dans la prise du château de l'ogre une référence à « l'indélicatesse de Françoise d'Aubigné qui s'empara des biens d'un protestant banni à la fin du XVIIe siècle », le Chat serait alors une projection de cette femme[38]. Les moralités sont souvent absentes des éditions modernes. Le culte du chat est attesté en Égypte antique, mais cet animal domestiqué a gagné assez tardivement les foyers d'Europe occidentale. Plusieurs de ces œuvres sont la propriété du château de Breteuil. Une théorie voudrait qu'il soit un thérianthrope ou un sorcier capable de se changer en chat. En 1811, le marquis de Carabas était le héros d'une chanson célèbre de M. Bérenger. Une analyse littéraire du conte montre que le discours direct y est légèrement plus fréquent que le discours indirect. Le conte présente cinq personnages principaux : le fils du meunier (ou marquis de Carabas), le Chat, l'ogre, le roi et sa fille. Le chat devrait être acclamé comme le prince des bonimenteurs, comme peu d'escrocs l'ont été avant ou après lui[2]. Une jeune fille nommée Cécile, alors âgée de douze ou treize ans, le qualifia de « Chat botté », provoquant l'hilarité générale et la colère du futur empereur des Français[24]. Je travaille au "Chat Botté" / Dans le centre-ville, / Je vends l'hiver et l'été, / des mules en reptile / C'est mon destin je suppose, / J'ai quinze ans d' maison, / Ca sent pas toujours la rose, / C'est le reblochon / Dans le cas de cette fillette / Qui tend son pied droit, / Son prénom doit être Berthe, / Pointure 43. CHANTAL GOYA. Le dernier-né était condamné à travailler dur pour gagner une reconnaissance et une forme de désaveu du système d'héritage se retrouve dans de nombreux contes, dont le Chat botté[33]. Selon l'étude de Marc Soriano, cette image met en avant son humanité et son agressivité, et a joué un grand rôle dans la perception du conte jusqu'à nos jours. Le graveur Antoine Clouzier reprend la même image pour la première édition du conte en 1697. Ils peuvent aussi permettre à l'enfant de croire que ses petites réussites sont importantes bien que non reconnues sur le moment[20]. Dans un aparté, Maria Tatar suggère aussi que ce qu'il y a à retenir du conte est « le respect qu'il peut inspirer pour ces créatures domestiques qui chassent les souris et guettent leur maître[18] ». Inversement, les frères Grimm emploient le discours direct « […] ensuite il mit le sac sur son épaule et se rendit directement au château du Roi. 3. À un moment du récit, le Chat est effrayé par l'ogre qui a pris la forme d'un lion, et gagne difficilement le toit du château « à cause de ses bottes qui ne valent rien pour marcher sur les tuiles ». Ce thème se trouve déjà en Grèce antique, lors des Stepteria, où un jeune et bel adolescent, incarnation d'Apollon, mettait le feu à une cabane symbolisant le repaire du dragon[45]. L'animal symboliserait l'enfant libre, double merveilleux de l'enfant, il aide le héros en contrepartie de sa vie sauve[9]. Le Maître chat ou le Chat botté[Note 1] est un conte franco-italien en prose racontant l'histoire d'un chat qui utilise la ruse et la tricherie pour offrir le pouvoir, la fortune et la main d'une princesse à son maître mal-né et sans-le-sou. Sans être le personnage principal de l'histoire, le Chat figure dans la comédie musicale de Chantal Goya, La Planète merveilleuse, en 1982. Le frontispice de la première édition dépeint une vieille femme contant des histoires à un groupe de trois enfants sous une pancarte titrée « Contes de ma mère Loye ». Le personnage de l'Ogre est récurrent dans les contes, tout comme celui du grand méchant loup. On y retrouve aussi de très vieux thèmes populaires liés à des motifs indo-européens et au culte des animaux attesté un peu partout dans le monde, sous le vernis de l'influence culturelle française à la fin du Grand Siècle. Pierre Saintyves va plus loin et pense que le conte se reporte au temps des cultes d'animaux et au concept d'animal-totem[42]. » — « Laisse-le seulement y aller, dit un autre, le Roi a souvent l’ennui, peut-être que le chat avec ses ronflements et ses ronronnements lui fera plaisir. Le Chat court en précédant le carrosse et ordonne aux gens qu'il rencontre tout au long de la route de dire au roi que cette terre appartient au marquis de Carabas. Toutefois, dans le conte de Straparola, le pauvre fils du meunier est fils d'une veuve de Bohême, le chat est une fée déguisée en chatte, la princesse s'appelle Elisetta et le château n'appartient pas à un ogre mais à un seigneur récemment décédé. Le Maistre Chat, ou le Chat Botté est publié pour la première fois par Barbin en janvier 1697, dans le recueil Histoires ou contes du temps passé auquel furent ajoutés trois contes : Cendrillon ou la petite pantoufle de verre, Riquet à la houppe et Le Petit Poucet[7]. Aujourd'hui sur Rakuten, 24 Le Chat Botte Chantal Goya vous attendent au sein de notre rayon . Peu après, le Chat devient grand seigneur, et ne court plus après les souris que pour se divertir. Anne, ma sœur Anne, ne vois-tu rien venir ? Je vous le conseille car cela a permis aux enfants de bien comprendre le récit du Chat botté qui peut être vite déroutant pour certains (pour l'avoir travaillé et constaté par le passé). Elles ont pour fonction, tout comme les bottes de sept lieues, de « chausser le héros à la mesure de ses exploits »[36]. Il est amoureux. Cher monsieur le chat botté. Le fils du meunier, qui obtient au fil du récit le titre de « marquis de Carabas », est le dernier-né d'une famille de trois enfants. Cependant, à l'époque où le conte du Chat botté est écrit par Perrault, le chat est largement considéré comme un animal malfaisant, compagnon des sorcières et incarnation du Diable en Europe occidentale. Maria Tatar pense que les morales introduites par Perrault sont étranges au vu de la narration, ou hors sujet. Un pot-pourri du Chat botté en 24 couplets est attesté en 1862[71]. À son décès, un vieux meunier laisse à ses trois fils l'intégralité de ses biens.