Peux-tu vraiment le dire, toi qui, aussitôt après la ταῦτ ΄ ἀρνούμενος, πάντα τὸν 5.3 : la présence des deux mots implique, au moins ici, la nécessité de deux sens différents. cit., p. 209-219. Ἀλλ ΄ (ὁρᾷς ; ) ἐγώ καὶ παρ ΄ ἐμοί 50Dans la réplique, à savoir le deuxième discours Contre Aphobos, Démosthène n’hésite pas à signaler ses erreurs dans le suivi de la procédure, notamment le fait qu’il n’a pas de témoin pour appuyer un point car il ne connaît pas bien le fonctionnement des procès (§ 2)147 : il n’avait pas imaginé que la dette acquittée par son grand-père serait évoquée et se dit pris de court. Chez Aristophane se trouvent donc associées à la fois la dévalorisation de l’adversaire, décrit comme attaché aux procédures judiciaires, et la représentation positive de celui qui se garde de fréquenter les tribunaux. ), Aeschines: Against Timarchos, Oxford, Oxford University Press, 2001, p. 119. Ce que voient les historiens, Paris, Gallimard, 2007 [2005], p. 12, qui synthétise le développement de Barbara Cassin. cit., p. 263 : « Δεινὸν καὶ γόητα καὶ σοφιστήν means that D. has exceptional verbal skills and uses them to manipulate others for personal ends. 63Les comédies d’Aristophane, quant à elles, constituent un corpus très proche des discours judiciaires en ce qui concerne la critique de l’activité oratoire. L’élaboration d’une frontière entre la rhétorique judiciaire employée dans les procès privés et l’éloquence d’apparat déployée dans des circonstances plus nobles apparaît comme le moyen trouvé par Isocrate pour éviter la critique d’un savoir oratoire. τοιαύτη, ταύτην ), Les savoirs de l’écriture en Grèce ancienne, Lille, Presses universitaires de Lille, 1988, p. 432-433. 34 Outre cette citation du Contre Timarque, voir aussi, dans le Contre Ctésiphon, la critique faite par Eschine aux longs développements de Démosthène qui ne peuvent que nuire à ses clients (§ 200-201). Pourtant, comme l’écrit Laurence Carter, « dire que c’est une technique de logographe, un topos, fait manquer l’essentiel. » L’orateur doit rendre transparent son discours afin de mettre en scène les faits à la tribune. Colin y voit un « éloge », pensant qu’Hypéride « évite avec soin d’attaquer Lycurgue », sans percevoir la critique implicite qui y réside : voir Gaston Colin (éd. « Détournant les juges, dira-t-il en effet, des charges qui pèsent sur Timarque, j’ai vivement fixé leur attention sur son accusateur, sur Philippe, sur les Phocidiens. Le paradoxe du témoin débouche ainsi sur l’idée non moins paradoxale de plaidoiries sans plaideur. Τὸ δὲ δὴ καὶ τοὺς La recension en signale l’apparition chez tous les orateurs sans exception et sur toute la période couverte par la source judiciaire. N'est-ce Le savoir des orateurs doit être infirmé par tous les moyens, même les plus paradoxaux152. 60 Platon, Gorgias, 449d8-9. Chapitre 6. 3.100-101. Lycurgue évoque en effet la torture des esclaves de Léocrate qu’il a proposée et que son adversaire a refusée (§ 32). μὲν μὴ ἔχειν ταῦτ πολίτου. ce service. + Γ (ἀφ ΄ ὧν) : à partir de, L’administration de la preuve n’est donc pas aussi importante que dans les plaidoyers et réquisitoires déclamés au tribunal. 75 Voir Stefano Ferrucci (éd. Κατ* ούραενοΰ, du ciel. 53Démosthène admet son talent oratoire mais commence par retourner l’accusation contre Eschine. Hunter (Policing Athens. retombent à juste titre les imprécations du héraut? οὐδ ΄ ἴδιον Whether you've loved the book or not, if you give your honest and detailed thoughts then people will find new books that are right for them. 1.55 ; [2.25] ; Ant. » La frase, comunque sia stata detta, piacque ed a ragione ; piac-que pure a Skhantien Chamfort, il quale lasciò scritto: in. cit., p. 167-190) passe en revue tous les arguments utilisés par les plaignants pour justifier leur participation au procès en cours. cit., p. 65-67. Plus récemment, voir les deux études de Robin Osborne, « Vexatious Litigation in Classical Athens: Sycophancy and the Sycophant », dans Paul A. Cartledge, Paul Millett, Stephen C. Todd (dir. L’orateur n’est effectivement pas à l’aise : l’adversaire a attaqué Lycophron précisément sur le fait qu’il délaissait la tribune au profit d’un autre orateur, et celui-ci doit se défendre d’une telle critique (§ 11). : les mêmes choses) : le même, πολλοί, L’explication réside peut-être dans la position adoptée par Isocrate, centrée sur les discours d’apparat plutôt que sur les discours judiciaires. αὐτοὺς καὶ στεφάνου καὶ ατος (τό) : injustice, faute, 38L’inexpérience des procès, de nouveau évoquée par la suite (§ 20), se voit ainsi précisée : l’orateur n’a pas l’habitude du tribunal car il n’a jamais eu à répondre d’une accusation – ce qui montre son innocence –, ni jamais porté de charge contre qui que ce soit – ce qui illustre son caractère conciliant. choisir, ἐξαίρετος,ος,ον 1.175-176. καταρᾶται δικαίως » Isocrate s’élève directement contre la rapidité (ταχύ) pour faire valoir la longueur de son discours (µακρότερα). celui qui parle d'une manière et pense d'une autre? Les orateurs savent très bien employer l’un ou l’autre des motifs selon leur situation. πράως καὶ μετρίως Démosthène un impudent sophiste, croyant pouvoir par 79 Voir Ferrucci (éd. Il en profite pour se placer du côté des « faits eux-mêmes » (αὐτοῖς τοῖς ἔργοις) et de la « vérité des faits » (τῇ ἀληθείᾳ τῶν πραγµάτων). 1.31. Or vous le savez tous, je suppose, les gens habiles qui font métier de sycophantes (δεινῶν καὶ συκοφαντεῖν ἐπιχειρούντων ἔργον) s’ingénient à rechercher et à découvrir les points où ils trouveront matière contre les accusés aux arguties de la sophistique (τοὺς παραλογισµούς). Johnstone note ainsi que « le discours judiciaire était fortement réflexif et critique139 », quand Jon Hesk, qui a élaboré l’expression « rhétorique de ­l’anti-rhétorique » à partir des deux motifs de l’inexpérience et de l’attaque de l’adversaire comme orateur habile140, affirme que « l’éloquence athénienne est méta-discursive et consciente d’elle-même141 ». » Il est patent que tous ne partagent pas son avis. · ταὐτὰ γὰρ συμφέρονθ 189 Carter, The Quiet Athenian, op. Laurence Carter rappelle cependant que le motif se manifeste dans les Tétralogies d’Antiphon, dont la datation haute remonte aux années 440188 : il en conclut qu’il ne peut s’agir uniquement d’un « phénomène d’après-guerre » mais qu’il doit être lié au fonctionnement du système démocratique189. κακίαν. cit., p. 116. Mais comme. contraire pour moi, tu peux le voir : je n'ai rien cherché Il est certes facile de dénoncer Démosthène de la sorte, déjà perçu à l’époque comme un très grand orateur. Il y rapporte le comportement de son rival à l’Assemblée : Après avoir parlé, il fait donner lecture par le greffier d’un décret plus long (µακρότερον) que l’Iliade, plus creux que ses discours habituels et que la vie qu’il a menée, un discours plein d’espérances irréalisables, d’armées qui ne devaient jamais être réunies. cit., chap. PARIS-1851 The Project Gutenberg EBook of Histoire de la prostitution chez tous les peuples du monde depuis l'antiquit la p, by Pierre Dufour This eBook is for the use of anyone anywhere at no cost and with almost no restrictions … καθ ΄ ὑμῶν οὐδ ; (…), (1) ταύτην τὴν χρείαν, τῆς φωνῆς, ἀλλὰ 36 Esch. 282 Ἆρ Ces deux affirmations vont de pair avec une troisième concernant la jeunesse des orateurs : étant jeunes, les plaignants n’auraient aucun talent oratoire ni aucun passé dans le monde judiciaire78. 91 Ober, Mass and Elite…, op. Il n’invoque pas la jeunesse pour l’étayer, c’est en effet impossible : il a plus de quatre-vingt ans à cette date154 et admet sa vieillesse (§ 26). 281. De la même manière, Isocrate prend soin de se distinguer des individus habitués à parler en public158 et ayant ainsi acquis une habileté dans les discours159. crase : n. le contraire; adv. ), Demosthenes: On the Crown, op. 66Quelques ouvertures vers d’autres pratiques discursives de l’époque classique ont conduit à identifier ces caractéristiques comme des représentations partagées dans la société athénienne des ve-ive siècles. Il passe donc par une longue construction narrative au sujet de l’Aréopage, tribunal illustre s’il en est97, au sein duquel les juges se fonderaient avant tout sur leurs connaissances personnelles plutôt que sur les témoins. ), Dire l’évidence…, op. οὐδενὸς χρηστοῦ. cit., p. 64-65), qui dresse un panorama de la bibliographie consacrée à ce sujet, sans pourtant citer l’article de Dorjahn. 130 Jean Humbert, Louis Gernet (éd. 56 Outre la référence platonicienne, voir l’équivalent chez les dramaturges tragiques dans Siron, « Le laconisme des Athéniens », art. cit., p. 93. ποιήσασθαι 135 Il y a eu un débat sur la manière dont les orateurs connaissent les arguments des opposants : soit le passage est ajouté lors de la publication, c’est-à-dire après le procès et donc le discours de l’adversaire, soit les plaignants ont le moyen de savoir, par différents canaux, les arguments qui les attendent au tribunal. τὸ ταὐτὰ προαιρεῖσθαι ὀργὴν οὔτε τὴν δὲ ἀδικήματος Tableau 46 : Dénonciation par l’orateur de l’expérience de son adversaire dans les discours judiciaires. Alors que les Athéniens ne sont pas connus pour leur concision, la régularité de ces marques de réflexivité qui caractérisent les propos des orateurs comme brefs conduit à identifier une forme paradoxale de laconisme des Athéniens. ταῦτα γὰρ γενναίου L’orateur déplore même les moments où il ne peut s’épancher minutieusement sur son sujet, ainsi dans l’Archidamos, discours destiné aux Lacédémoniens : « Sur ce qui dès l’origine a été vôtre, je ne me suis pas étendu en détail (ἀκριβῶς µὲν οὐ διῆλθον). Pierre Chiron évoque, au sujet d’un autre passage de Lysias, « l’idéal de l’Athénien tranquille117 ». En Un cas nuance néanmoins cet approfondissement, uniquement en ce qui concerne l’Héliée* : le plaignant anonyme du discours La succession de Cléonymos d’Isée déclare qu’il n’est même jamais entré dans l’enceinte d’un tribunal120. Le dispositif de vérité tourne au désavantage des témoins : l’expérience directe est la pierre de touche qui crédibilise ou décrédibilise les dépositions. 282. Pour N. D. Fustel de Coulanges, dans son célèbre livre La cité antique, paru en 1864, la famille est une « association de nature » mais d’abord « une association religieuse » vouée, en premier lieu, au culte des ancêtres. ), Nomos: Essays in Athenian Law, Politics and Society, Cambridge, Cambridge University Press, 1990, p. 83-102 ; David Harvey, « The Sykophant and Sykophancy: Vexatious Redefinition? Il s’oppose néanmoins à ceux qui n’ont pas d’expérience (ἀπειροτέρως) dans Isocr. Au lieu de justifier sa démarche, il contre-attaque en dénonçant les synégores de l’opposant, expérimentés à la fois dans l’art de la parole (οὐκ ἀπείρως ἔχων τοῦ λέγειν) et dans la pratique des procès (εἰωθὼς δὲ πολλάκις ἀγωνίζεσθαι)105. Dans le discours d’Accusation d’empoisonnement contre une belle-mère rédigé par Antiphon, le plaignant explique comment, selon lui, sa belle-mère a mis au point un plan pour empoisonner son père (§ 14-17) : celle-ci aurait mis à contribution la compagne45 d’un proche du défunt, les deux hommes participant à un sacrifice au Pirée et devant partager ensuite un repas. Michael Gagarin, à propos d’un passage d’Antiphon, pense que « cette expression et ses variations désignent communément la vérité objective ou factuelle par opposition aux conclusions tirées des arguments17 ». 277 (…) Mais enfin, si je possède quelque Tableau 48 : Raisons données par les orateurs pour justifier d’avoir intenté le procès en cours. τῆς φωνῆς, ἀλλὰ ας (ἡ) : stabilité, assurance, sûreté, Le thème n’est cependant pas limité aux plaignants inconnus. διακείμεν ΄ δικαστὰς ἀξιοῦν ἀλλὰ καὶ εἴ Once connected to the Droplet, use the Local site windows to navigate the directories of your local machine and locate the files you want to upload. La démonstration devient limpide et les points abordés, évidents19. cas où les intérêts généraux de le peuple et ses adversaires, δήμος,ου AE. εἶναι τὸν πολιτευόμενον Enfin abandonner la lutte contre moi et s'attaquer à Ctésiphon, c'est là encore le comble de la lâcheté. 14 C’est le cas, par exemple, de Michael Gagarin (éd. ), Lysias. En Perse, l’an 341, la passion de saint Siméon bar Sabas, évêque de Séleucie et Ctésiphon. ταύτην τὴν χρείαν, après avoir monté de toutes pièces une 2005), 277. 136 L’accusation de sycophantie est répandue, à tel point qu’elle est elle aussi considérée comme un lieu commun, par exemple dans Carey, Reid (éd. : être citoyen; administrer l'état; être un homme [5.81] où il se dit même « le moins doué de tous les citoyens » (πάντων ἀφυέστατος ἐγενόµην τῶν πολιτῶν) ; [6.15] ; [12.9-10]. Il l’appelle entéléchie d’un corps physique parce que certains corps sont l’œuvre de l’art et ont été façonnés par l’homme : par exemple, une tour, un vaisseau ; et que les autres au contraire sont des œuvres de la nature, comme les plantes et les corps des animaux ; d’un corps organique, c’est-à-dire organisé pour une fin, comme la vue pour voir et l’ouïe pour entendre. Précédemment, Démosthène a déjà souligné le fait qu’il n’a quant à lui versé d’argent à personne, dénonçant implicitement la corruption des témoins d’Eschine (§ 81). Ce dernier prévoit que Démosthène et Ctésiphon « vont faire de longs discours (πολὺν ποιήσονται λόγον)40 » pour répondre à son attaque selon laquelle Démosthène n’a été ni élu ni tiré au sort pour la charge d’inspecteur des fortifications, rôle pour lequel la récompense d’une couronne est mise aux voix. Isocrate en vient à présenter son enseignement comme une liturgie*, car pourvoyeuse de bons citoyens (p. 101-102). des vues égoïstes . cit., p. 147, et notamment Lene Rubinstein, « The Athenian political perception of the idiotes », dans Paul A. Cartledge, Paul Millett, Sitta von Reden (dir. εἰς ὑμᾶς εἰσιέναι, Dans ce discours, Socrate explique que le philosophe n’a pas le comportement attendu « du fait de son manque d’expérience (ὑπὸ ἀπειρίας)175 ». ορος (ὁ) : l'orateur, le chef de par, du fait de, θεραπεύω courant) : entrer dans; comparaître, (accusé) ; πράως καὶ μετρίως 53 Vincent Azoulay, « Le texte et ses interprétations : la politique isocratique de la réception », dans Christian Bouchet, Pascale Giovannelli-Jouanna (dir. 44Assez logiquement, l’adversaire est, lui, accusé d’être un habitué des procès, qu’il initie facilement (tableau 47). 106 Voir le chapitre « L’appel au témoignage des juges », p. 233. ; Οὐχ ὁ μὴ λέγων Un certain nombre de personnes qui vivaient des accusations portées contre d’autres citoyens faisaient l’objet d’une large désapprobation dans les discours judiciaires125 comme dans les comédies ­d’Aristophane126. Sur ces passages, voir Calboli Montefusco, Exordium Narratio Epilogus, op. Pourquoi les logographes l’employaient-ils116 ? Les thèmes de l’inexpérience, du manque d’habileté et de la faible fréquentation des tribunaux sont alors pertinents, et ce même si c’est un grand orateur qui a composé le discours : les juges, qui ne voient pas le logographe, peuvent adhérer aux déclarations de celui qui leur parle143. Voir en particulier p. 202-241. effet le bon citoyen ne doit pas demander aux juges convoqués 45 Le terme utilisé par Antiphon est παλλακή. Tableau 43 : Occurrences où les faits sont dits « montrer » dans les discours judiciaires. Cependant, l’attaque n’est pas limitée à cet opposant particulier (tableau 46). PIERRE DUFOUR. αὐτοὺς καὶ οῦμαι (inf aor προελέσθαι 179 Paulin Ismard, L’événement Socrate, Paris, Flammarion, 2013, p. 71-74. οὐδὲν τῶν τοιούτων οὐδενὸς χρηστοῦ. La remarque d’Eschine illustre surtout l’importance du motif : le plus haut conseil judiciaire, celui où la justice est rendue sans conteste de manière convenable voire honorable, fonctionne sans prendre en compte la compétence de l’orateur, pour laisser place à la réalité des faits. Le commentaire de Christ (The Litigious Athenian, op. καὶ τὸν ῥήτορα ταῦτα γὰρ γενναίου Alfred P. Dorjahn (« Anticipation of Arguments in Athenian Courts », Transactions and Proceedings of the American Philological Association, 66, 1935, p. 274-295) s’est prononcé très tôt en faveur de la deuxième hypothèse. 5.67 (avec ἀκοῇ) et Lys. Or ces deux substantifs n’ont pas exactement la même signification28 : le premier se rapporte aux actes qui ont eu lieu en général alors que le deuxième possède également un sens plus précis, puisqu’il peut se traduire par « l’affaire » au sens de l’affaire en cours29. Il suit en cela Paul Demont qui élargit un tel idéal, connu pour avoir les faveurs des jurés – des citoyens qui passent une grande partie de leur temps au tribunal –, à la majorité des Athéniens, même ceux qui restent loin de la Pnyx et de l’Héliée*118. Elle montre que les ἰδιῶται, simples particuliers, prennent le sens de « personnes sans savoir oratoire » du fait de l’opposition avec les orateurs, qui sont quant à eux caractérisés comme compétents. 92 Din. : lui, elle, le, la (pronom de rappel), δικαίως cit., p. 285-307, qui détaille la présentation qu’Isocrate fait de lui-même dans plusieurs discours. cit., p. 152. ), Profession and Performance. Socrate emploie la stratégie à laquelle ont recours les plaignants pour minimiser leur rôle dans la composition du discours176. Il ne doit pas les entretenir dans πρὸς ἔμ ΄ αὐτὸν cit., p. 89. Il serait sans doute inexact de ne voir en elles que des topoi85. ), Hypéride. abandonner la lutte contre moi et s'attaquer à Ctésiphon, Hypéride joue sur les mots pour se caractériser comme n’étant pas un habitué des tribunaux et souligner le contraste avec l’expérience de son adversaire. 2 Voir Florence Gherchanoc, « La beauté dévoilée de Phryné. L’idée se retrouve quatorze fois à travers le mot νέος ou le vocable de l’âge (ἡλικία). 1.148. (4) πάντα τὸν Plaidoyers politiques, II, Paris, Les Belles Lettres, 1959, p. 82, n. 1. ἀξιώσαντα : πεποίημαι. Τὸ δὲ δὴ καὶ τοὺς En réalité, Socrate n’est pas si rapide qu’il l’affirme. 155 Menu, Jeunes et vieux…, op. » L’expression est identique, sauf son complément qui est cette fois « la vérité » (τὴν ἀλήθειαν). prendre à moi pour aucune faute publique (ni, ajouterai­-je, οὕσπερ ἂν ἡ πατρίς. The first volume of Viaggiatori “Curatele” series seeks to recreate some scientific dialogues, namely meetings, exchanges and acquisition of theoretical and practical scientific knowledge, thus linking the cultural, historical and geographical Si la stratégie diffère, les fondements du procédé demeurent identiques. 28En caractérisant leur discours comme bref, les orateurs cherchent à faire oublier leur propre présence. αὕτη, τοῦτο » Le lien entre la brièveté de parole, la clarté et la crédibilité est essentiel : ces trois dimensions sont intrinsèquement liées les unes aux autres. cit., p. 64. 18.233. 118 Demont, La cité grecque…, op. 18Le repas est éludé, semble-t-il parce qu’il n’a pas beaucoup d’intérêt pour l’histoire – même si, évidemment, il ne s’agit que de la version du plaignant, et son adversaire a pu être plus loquace à ce propos. C’est aussi le cas pour Apollodore qui se dit νέος et ἄπειρος dans le discours Contre Nicostratos (Dém. Je le sais. σφοδρός,ά,όν 84 Voir Platon, Phèdre, 266d7-9 et Aristote, Rhétorique, III, 14 (et en particulier 1414b39-1415b28 pour ce qui est des exordes dans les discours proprement judiciaires). : ainsi ( οὕτως ἔχω : Ce résumé schématique correspond évidemment à un idéal-type, qui ne se retrouve jamais dans son ensemble à l’intérieur des discours, mais dont les segments ont été précédemment assemblés un à un. Le passage fait le lien entre cette habileté et la tromperie : celui qui a du talent pour concevoir des plaidoiries peut s’en servir pour égarer les juges et obtenir, malgré les faits, un verdict favorable. 15 Voir Johnstone, Disputes, p. 109-125 ; David Konstan, « Pity and the Law in Greek Theory and Practice », Dike, 3, 2000, p. 125-145. Œuvres complètes, VIII-2 : Théétète, Paris, Les Belles Lettres, 1976 [1926], p. 136-137. cit., p. 2. 103 Voir Rubinstein, Litigation…, op. Dans ce procès, un individu nommé Euxithéos est attaqué pour avoir tué et fait disparaître le corps d’Hérode, avec lequel il a voyagé vers la Thrace. Si Isocrate se représente lui-même comme un maître de la « philosophie », voire comme un « nouveau Socrate166 », David Mirhady et Yun Lee Too soulignent le manque d’adéquation du mot : Isocrate cherche à se différencier des orateurs, qui voient dans les discours un moyen d’amasser une fortune personnelle, mais les époques ultérieures ont plus souvent interprété son art comme de la « rhétorique167 ». ας (ἡ) : petitesse, bassesse, σημεῖον,ου τοιαύτη, τοιοῦτον L’auto-caractérisation d’Eschine en tant qu’ἰδιώτης a été étudiée par Christian A. Preus, The Art of Aeschines: Anti-Rhetorical Argumentation in the Speeches of Aeschines, thèse, University of Iowa, 2012, http://ir.uiowa.edu/etd/2964/. Tout maraud qu’il est, il ne s’exposera pas d’aujourd’hui à se faire rosser une seconde fois. Se passer du secours des témoins permet, selon lui, de donner une information plus directe aux juges. 49 Pseudo-Aristote, Rhétorique à Alexandre, 30, 4, 1438a19-22. Selon Patrice Brun, « l’autorité de Démosthène n’était pas niable93 ». David Harvey offre un panorama de tous les passages où il est question des sycophantes (p. 119-121). Au contraire, Il s’agit probablement d’une esclave : voir Louis Gernet (éd. s'attaquer à moi pour venir maintenant s'en prendre à 32Le plaignant souligne à deux reprises manquer à la fois de la capacité (δύναµις) à bien parler et de l’expérience (ἐµπειρία) des procès. Mais rien n’est dit de plus, et il est impossible de savoir, en particulier, ce qui était dénoncé au juste : est-il trop jeune pour bien s’y connaître ? cit., p. 166, qui analyse ce motif à travers la grille d’opposition masses/élites (p. 166-170). - OpenGreekAndLatin/french_trans-dev 1.166. (...) Εἰ δ ΄ οὖν ἐστι 1.31 : Eschine affirme qu’un homme de bien, même parlant simplement et de manière très mauvaise (κἂν πάνυ κακῶς καὶ ἁπλῶς ῥηθῇ), sera plus utile à entendre que celui qui parle très bien (εὖ πάνυ λεχθῇ) mais est un débauché. Or ces déclarations doivent également être replacées dans la stratégie argumentative des plaignants. [4.Γ.3] : « Αὐτὸ τὸ ἔργον : i. e. the result of the fight. ), Demosthenes: Selected Private Speeches, Cambridge, Cambridge University Press, 1985, p. 168. Rhétorique, pouvoir et corruption, Paris, Armand Colin, 2015, p. 269. L’ensemble de l’ouvrage reprend de nombreuses occurrences analysées dans ces pages. Selected Speeches, Cambridge, Cambridge University Press, 1989, p. 119. Une telle récurrence a amené les spécialistes, une fois encore, à voir dans ce motif un lieu commun, ou à la noter en passant79. Il ajoute que, lors de l’affaire en cours, il est passé par Lycurgue « qui, par son éloquence déjà ne le cède à personne dans notre cité110 ». ), Isocrates I (The Oratory of Classical Greece, 4), Austin, University of Texas Press, 2000, p. 2. La dimension visuelle importe moins que la présentification de l’absent. δ ΄ ὁ κῆρυξ Il dessine une opposition entre d’un côté les discours des sycophantes, et même explicitement de son opposant (§ 33), qui donnent l’occasion, en détournant les juges des faits par une élaboration soignée, de pervertir la vérité, et de l’autre côté les moyens de persuasion sans technique oratoire que sont les témoignages et la torture entre autres.